Trois ans après Waterloo

Via een goed gedocumenteerd, maar deels gefingeerd dagboek van Edmond Beaucarne, de broer van haar overgrootmoeder, levert de auteur een directe getuigenis van de maatschappelijke gebeurtenissen tussen 1818 en 1848. Beaucarne was onder het Verenigd Koninkrijk der Nederlanden in Gent directeur en eigenaar van de krant Le Catholique des Pays-Bas en speelde een belangrijke rol in de Belgische opstand. 

La tolérance de 1770 n'existait plus trois ans après Waterloo. Mon père et mon oncle Charles-Liévin avaient fréquenté un collège pacifique. Les jésuites y formaient des esprits ouverts au progrès. Ä l'époque, le clergé libéral s'intéressait aux réformes. Dans nos provinces, certains hauts dignitaires ecclésiastiques fréquientaient méme une loge maçonnique. Les Lumières, m'apprit~on un demi siècle plus tard, avaient été concrétisées par la révolution de Paris. Le désastre était évident. Quant au roi Guillaume que le Congrès de Vienne avait imposé aux Pays-Bas catholiques, ce mécréant était un homme nouveau, ses idées néfastes se propageraient, le désordre s'ensuivrait. Il fallait que l'église reconquisse le pouvoir. Les élèves devaient aider leurs maîtres á renverser le gouvernement hollandais.

On se rappellera qu’après Waterloo, la Sainte Alliance avait décidé du sort de nos provinces en les réunissant au Royaume des Pays-Bas, sous Guillaume d'Orange-Nassau. L'Autriche avait rejeté l'héritage des Habsbourg, jugeant trop ardue la tâche de nous gouverner á distance. La réaction de Rome ne s'était pas fait attendre: les Pays-Bas autrichiens étaient catholiques tandis que depuis des siècles les provinces du Nord s'étaient converties au protestantisme. En réunissant toutes les provinces sous une méme couronne, le danger de contamination devenait grand. L’église organisa une campagne de diffamation qui envenima le pays. Nos collèges devinrent des foyers de politique anticonstitutionnelle.

Je suis bien placé pour savoir que Guillaume, ce roi sans grande allure, bien intentionné et maladroit, aurait été écouté et compris s'il n'avait pas été victime de l’opposition féroce et dûment inspirée á laquelle j’ai moi-même préêté l’ardeur de mes jeunes années. Envers et contre l’ère du temps qui dans les pays voisins restaurait allègrement les prérogatives du clergé et l'autorité absolue des cours, dès 1815, le nouveau prince du Nord avait élaboré une constitution exemplaire pour l'époque — sa fameuse «Loi fondamentale». Elle instaurait outre la liberté du culte, celle de la presse et de l'enseignement. Très vite et á son corps défendant, le roi fut forcé d'amender les articles sur la presse et l’enseignement, pour metre fin à la diffamation, l’incitation à la révolte. La nation tout entière oublia sa volonté première. Le monarque éclairé avait rêvé d’un état constituionnel moderne.

Uit:

Nicole Verschoore: Les Parchemins de la tour (2004), p. 28-30



Vind dit boek in de bibliotheek Gent